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Interview

Léturgie’s family

Depuis plusieurs années déjà, Jean (le père) et Simon (le fils) Léturgie travaillent ensemble. On sent dans leur collaboration une émulation : ce mélange est explosif ! Après avoir auto-édité leurs albums (disponibles chez Eigrutel), Dupuis les accueille dans la collection “Humour Libre” avec Spoon et White. Yann les a rejoints, histoire de rire plus encore…

Comment un père et un fils en arrivent à travailler ensemble ?
JL
Lorsque Simon a commencé à dessiner des petits Mickeys vers l’âge de 12 ou 13 ans, je lui ai tout naturellement écrit des histoires. Le rythme était pris, insidieusement, et il n’a plus osé dire non. Il était coincé !
SL Aujourd’hui ils sont obligés de s’y mettre à deux. Jean sentait qu’il commençait à devenir vieux et qu’il n’arrivait plus me tenir tout seul.

On pourrait imaginer que vos envies sont très différentes, question de génération.
JL
Il est évident que je m’adapte au dessinateur avec lequel je travaille. Si j’écris un jour une histoire plus personnelle, je la dessinerai moi-même, quitte à ce que cela soit épouvantable.

Vous êtes caméléon ?
JL
Un peu. Yann a la même démarche. Lorsqu’il écrit Pin-Up, il ajuste son histoire au dessin et aux possibilités de Berthet. Il me semble que c’est là le boulot de scénariste. Avec Simon c’est plus simple car il sait ce qu’il veut : des histoires qui ont la pêche, qui bougent…

Est-ce que le plaisir est décuplé ?
JL
C’est forcé.

C’est-à-dire ? Ça glisse ?
JL
Pas toujours car on a plus d’exigences. On essaie de ne pas mélanger les liens affectifs dans le travail. Nous avons l’avantage de bien nous connaître depuis très longtemps.
SL Nous connaissons nos points faibles et la critique est beaucoup plus facile.

Cette collaboration a été profitable à votre travail de scénariste ?
JL
Enormément. Je suis obligé de me remettre en question sans cesse. La différence de génération entre nous m’entraîne à revoir un peu toutes mes bases. Par exemple, dans le premier album, lorsque White sort du bateau en chantant May Flower May Flower, Yann et moi avions écrit Tais-toi Caruso. Simon nous a cassés en nous demandant qui était ce type… Les références, d’une génération à l’autre, ne sont pas les mêmes. Reste à savoir quel public nous voulons atteindre…
SL Ma culture est très limitée. Elle est davantage issue de la pub et de la télé que de la littérature. Je crois d’ailleurs que c’est très symptomatique de ma génération.

Vous donnez beaucoup dans l’inconscient collectif avec Spoon et White.
SL
Au début, Jean et Yann, bous avions imaginé Spoon vétéran du Viet-nam. Ils ne s’étaient pas rendus compte qu’il aurait environ 50 piges… On risquait de tomber dans L’Arme fatale : “j’suis trop vieux pour ce genre de conneries…”

Un peu comme Yann et Jean ? !
JL
Justement, toute la difficulté est de réajuster nos références. Grâce à Simon, nous touchons un lectorat beaucoup plus jeune et c’est tant mieux.

Jean et Yann apportent l’expérience, Simon la vivacité et la fraîcheur. C’est le cocktail idéal, non ?
SL
Effectivement, le scénario de Spoon a l’avantage d’être aussi bien ficelé qu’il a de pêche. Depuis Les Tuniques bleues et toutes les séries Dupuis depuis les années 70, il n’y a pas eu de longs récits d’humour. Aujourd’hui il n’y a guère qu’Odilon Verjus (écrit par Yann) et nous.

Pourquoi avoir choisi un trio de personnages ? On a davantage l’habitude des duos ?
SL
Cela permet de se répartir les personnages entre nous : Yann fait la fille (!), Jean anime White et moi je m’occupe de Spoon, l’amoureux platonique.

Vous avez donc besoin de vous identifier autant à vos héros ?
JL
Nous nous sommes effectivement distribué les rôles avec plus ou moins d’affect. En même temps que Yann prend de l’importance dans l’équipe, Balconni le fait dans l’histoire par exemple.

Dans tous vos albums, on retrouve toujours un personnage “petit et teigneux”. Vous avez quelque chose contre ?
SL
Les petits héros ont un avantage graphique puisque même perdus dans la foule, on les repère toujours plus rapidement. Quant au côté teigneux, c’est une question d’identification pour Jean : cela lui facilite le travail ! (NDJ : Simon accepte d’assumer l’entière responsabilité de ses propos !)

Le scénario à deux, c’est comment ?
JL
Je vais à Bruxelles une fois par mois pour travailler avec Yann. Nous calons l’histoire ensemble. Puis je fais un pré-découpage. Là-dessus, il remet les choses en ordre et rédige les dialogues. Après cela, nous revoyons tout avec Simon.

Vous êtes particulièrement cinéphiles ?
JL
Nous voulons absolument orienter les références vers le cinéma. Nous nous donnons donc comme “devoir” d’aller au cinéma.
SL Pour le deuxième album, nous avons été obligés de revoir Le Silence des agneaux ou des horreurs comme L’Ombre blanche de Steven Seagall. On oriente ces références vers les gros navets américains, tout en glissant de temps à autres un clin d’œil à un cinéma plus arts & essai.

Vous êtes donc plus Tarantino qu’Hitchcock ?
SL
C’est sûr. Tarantino a été le premier à mettre des flingues dans ses films tout en conservant un pseudo côté sérieux. Mais la violence de ses films est souvent gratuite, contrairement à Spoon où la violence est souvent là pour faire rire. Nous développons davantage le genre gore dans Polstar.

Peut-on dire que votre série Polstar a été le brouillon de Spoon ?
SL
Je dirai qu’il est son grand frère. Dupuis était intéressé par Polstar mais il leur était difficile d’assumer le côté boucherie de cette série. Nous avons un peu laissé tomber cet aspect-là et Spoon est né, beaucoup plus accessible que Polstar.

C’est pourtant un gore très parodique
SL
Oui mais les gens n’y sont pas préparés. La BD a énormément de retard sur le cinéma. C’est dommage. Comme dit John Doo dans Seven : “Pour faire tourner la tête de quelqu’un, il ne faut pas lui taper sur l’épaule mais lui péter la clavicule.”

Vous pensez que l’humour classique est une impasse ?
JL
L’humour a changé, c’est tout. Fernand Raynaud est bien loin.
SL Je ne vois que Calvin et Hobbes pour faire rire sans choquer aujourd’hui.

Vous n’avez pas peur que vos références se démodent très vite ?
SL
L’idée est surtout de donner un second plaisir à la lecture. Et puis nous n’avons pas non plus vocation à bâtir une œuvre impérissable. La BD d’amusement est en voie de disparition. On veut faire de l’humour simple, grand public et actuel.

Vous avez auto-édité chez Eigrutel beaucoup de vos albums. On sent vraiment un esprit commun à des séries comme Polstar, Tequila, Tatsoin… Le même que dans Spoon. Pourquoi avez-vous fait appel à Dupuis cette fois ?
JL
Eigrutel n’édite que des albums dont les éditeurs ne veulent pas, des histoires marginales… Il nous a semblé normal de trouver un éditeur grand public pour cette série. Et puis personne n’entend jamais parler des albums Eigrutel… C’est un éditeur pour rire !

Il est difficile de ne pas évoquer Conrad lorsqu’on regarde le dessin de Simon.
SL
J’apprécie son travail. A partir de là, ça ne me gêne absolument pas de travailler dans la lignée du “maître”. Je revendique la filiation. Giraud faisait du Jijé, Conrad du Franquin. Ils ont peu à peu pris leur propre pâte. Et quand à leur tour ils sont copiés, on oublie qu’à leurs débuts ils étaient très largement influencés. La différence s’affichera peu à peu d’elle-même, aussi bien dans le trait que dans les histoires que j’ai envie de raconter.

Jean, vous donnez l’impression de réellement débuter votre carrière aujourd’hui.
JL
Oui, effectivement. Jusqu’à présent je n’ai fait que du Lucky Luke mais pas du Léturgie. La série ne se prêtait pas une interprétation plus personnelle du personnage. De même pour Percevan que je conçois pour Luguy sans y mettre ce que j’aimerai y trouver. Seuls les gags écrits il y a longtemps avec Serge Honorez pour Circus semblent correspondre un peu à mon travail d’aujourd’hui.

Pourquoi ne pas avoir réagi plus tôt ?
JL
Tout bêtement parce qu’il est difficile de trouver des complices, des vrais. Et puis le dessin humoristique est méprisé dans le milieu. Tous les auteurs préfèrent se lancer dans le réalisme.

Christelle Favre & Bertrand Pissavy Yvernault

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